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Fonds documentaire : Article
Titre La somnolence affecte 1 personne sur 5
Source Quotidien du médecin (Le)
Auteurs Hasendahl S
Date de parution 20/11/2012
Commentaire L’épidémiologie des troubles du sommeil est un champ relativement jeune, par rapport aux autres disciplines de la médecine », indique Maurice M. Ohayon, directeur du centre de recherche sur l’épidémiologie du sommeil à Stanford (USA). Le « Bulletin épidémiologique hebdomadaire » lui consacre un numéro spécial. L’UNE DES premières études modernes sur l’épidémiologie des troubles du sommeil date de 1979. Plus de trente ans après, cette discipline a progressé « lentement mais sûrement », se félicite Maurice Ohayon (Stanford University) dans l’éditorial du « Bulletin épidémiologique hebdomadaire » (BEH). Faute de consensus sur la manière de définir l’insomnie en population générale, les chiffres de la prévalence de l’insomnie varient toutefois « grandement en fonction de la définition utilisée ». Dans l’étude présentée par François Beck et co., l’insomnie y est définie en termes de fréquence et de sévérité « et au bout du compte, cela fournit un estimé beaucoup plus près de la réalité du nombre d’individus susceptibles de bénéficier d’un traitement pharmacologique et/ou comportemental », constate Maurice Ohayon. À partir du baromètre santé 2010 sur la population générale (portant sur 27 653 individus de 15-85 ans), les auteurs de l’étude ont calculé le temps de sommeil moyen de cette tranche d’âge à 7h13, sachant qu’il est plus élevé pour les femmes que pour les hommes (7h18 contre 7h07). Insomnie chronique. Les personnes présentant une insomnie chronique représentent 15,8 % des 15-85 ans : 19,3 % des femmes et 11,9 % des hommes. La part d’insomnie chronique est stable avec l’âge parmi les femmes tandis qu’elle augmente chez les hommes, de 3 % à 15-19 ans à 18 % à 45-54 ans, avant de diminuer à 8 % au-delà de 65 ans. « Avec un niveau de prévalence de l’insomnie chronique élevé, un temps de sommeil moyen en baisse par rapport à 1995, la mise en œuvre d’actions de prévention et d’éducation à la santé visant à aider la population à préserver un sommeil de qualité apparaît particulièrement opportune », concluent les auteurs. La fréquence des troubles du sommeil, fatigue et somnolence, est également notable comme le montre l’étude de Claire Gourier-Fréry et co. À partir de l’Enquête santé protection sociale (réalisée en 2008 auprès de 12 636 personnes de 16 ans et plus), les auteurs indiquent qu’une personne sur 5 (19 %) présente des symptômes d’insomnie chronique accompagnés de perturbations diurnes (ICPD). La prévalence est plus forte chez les femmes que chez les hommes (22,2 % contre 15,4 %). Elle augmente avec l’âge jusqu’à la classe des 45-54 ans puis diminue légèrement : en effet, après 55 ans, les perturbations du sommeil sont fréquemment déclarées sans retentissement diurne. La fréquence d’un retentissement diurne est maximale entre 25 et 55 ans. Une prise en charge insuffisante. La prise en charge de l’insomnie chronique reste cependant insuffisante en France : moins d’un tiers (27,5 %) des individus manifestant une ICPD a déjà consulté pour leurs problèmes de sommeil. Une personne avec ICPD sur 5 (1 sur 2 après 75 ans) déclare prendre de façon habituelle des médicaments pour dormir, des benzodiazépines ou apparenté dans 82 % des cas « bien que ces thérapeutiques soient déconseillées au long cours ». Les symptômes évocateurs de syndrome d’apnées-hypopnées du sommeil (SE-SAHOS), quoique fréquents, sont également sous-explorés en France (Claire Fuhrman et co.). « Un autre point essentiel en médecine du sommeil est celui de la norme », explique Maurice Ohayon. « Nous tenons tous pour acquis qu’une quantité de sommeil de 8 heures est ce qui est nécessaire à un individu pour être reposé au réveil et fonctionner de manière optimale. D’où vient cette norme ? En réalité, les études polysomnographiques chez l’adulte sain montrent que la norme est plutôt d’environ 7 heures de sommeil ». En ce qui concerne les adolescents, l’étude de Damien Léger et co. indique que, malgré le besoin, le temps de sommeil habituel diminue avec l’âge pour devenir très court à 15 ans, créant tout au long de l’adolescence « une dette de sommeil de plus en plus fréquente ». Selon les données 2010 du volet français de l’étude internationale « Health behaviour in school aged children » ( sur 9 251 élèves de 11 à 15 ans), la dette de sommeil passe de 16 % des 11 ans à 40,5 % des 15 ans. Le sommeil court (< 7 heures) concerne quant à lui 2,6 % des jeunes de 11 ans à 24,6 % des jeunes de 15 ans. L’influence des nouvelles technologies sur la réduction du temps de sommeil (moins 45 minutes sur le temps total de sommeil) « peut jouer un rôle important dans la réussite scolaire », souligne Maurice Ohayon.
Mots-clés SOMMEIL / SANTE PUBLIQUE
Langue Français